Le fatalisme médiéval

pubblicato 21 dic 2020, 01:03 da Sandra Raffaelli   [ aggiornato in data 23 dic 2020, 02:06 ]
Le concept de fatalisme médiéval est bien représenté par l'image de la roue qui tourne: si on est sur le bord d'une roue, on peut se retrouver en bas alors qu'un moment avant on était en haut, et vice-versa.

Mais, qui est-ce qui tourne la roue? Ce ne sont pas les hommes! C'est peut-être Dieu ou la Fortune...

     



  texte latin  traduction française
  O Fortuna 
velut Luna 
statu variabilis,   
semper crescis 
aut decrescis. 
Vita detestabilis 
nunc obdurat 
et tunc curat   
ludo mentis aciem, 
egestatem 
potestatem 
dissolvit ut glaciem. 

Sors immanis 
et inanis, 
rota tu volubilis, 
status malus 
vana salus, 
semper dissolubilis 
obumbrata 
et velata 
michi quoque niteris. 
Nunc per ludum 
dorsum nudum 
fero tui sceleris. 
 O Fortune 
comme la Lune 
à l’état variable, 
toujours tu croîs 
ou décroîs. 
La vie détestable 
d’abord insensibilise 
et ensuite veille 
par jeu sur l’acuité de l’esprit, 
la pauvreté 
le pouvoir 
elle les dissout comme glace. 

Sort monstrueux 
et vain, 
tu [es] la roue qui tourne, 
état mauvais 
vain salut, 
toujours divisée 
ombrageuse 
et voilée 
tu me contrains aussi. 
Maintenant par jeu 
mon dos nu je présente 
à ta scélératesse. 





Fortune, aveuglée et double (bonne fortune et mauvaise fortune, symbolisées par son côté normal et son côté sombre), tourne sa roue sans tenir compte de la condition sociale de ceux à qui elle baille chance ou malchance pour un temps.














Sous cette roue de la fortune on trouve la transcription du début des Carmina Burana.

Les Carmina Burana sont un recueil de 315 chants profanes et religieux composés en latin médiéval et rédigés entre 1225 et 1250. Les auteurs sont majoritairement des goliards (c'est-à-dire des clercs itinérants), des ecclésiastiques défroqués ou des étudiants vagabonds. Le manuscrit comporte des chansons d’amour, des chansons à boire et à danser ainsi que des pièces religieuses.

Au XX siècle le musicien allemand Carl Orff a choisi vingt-quatre de ces chants et les a mis en musique.














 

Sors salutis 
et virtutis 
michi non contraria, 
est affectus 
et defectus 
semper in angaria. 
Hac in hora 
sine mora 
corde pulsum  tangite 
quod per sortem 
sternit fortem 
mecum omnes plangite.
 

Le hasard du salut 
et de la vertu 
ne m’est pas contraire,
 il est affecté 
et épuisé 
toujours en corvée. 
À cette heure 
sans retard 
touchez la corde vibrante 
qui par le sort 
terrasse le courageux 
avec moi tous pleurez.

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